Le Flow ou le fait de vivre des expériences optimales

Le flow (flux en français), cet état où « rien ne peut nous arriver »

Nice 2010 : la sérénité

Le flow nommé également  » état psychologique optimal  » (on dit aussi  » être dans la zone « ) est un concept qui a émergé dans les années 1970 dans le domaine de la psychologie générale puis de la psychologie du sport par la suite.

Mihaly Csikszentmihalyi est considéré comme le père fondateur de ce concept. Ses travaux de 1975 à 2000 ont permis de définir le Flow comme un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité (oubliant toute notion du temps ainsi que toutes préoccupations).

Ainsi, il identifie plusieurs éléments qui sont les indicateurs de l’apparition et de l’intensité du flow :

  • une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever. On se sent parfaitement en phase, en pleine possession de ses moyens.
  • une centration de l’attention sur l’action en cours. Rien ne me perturbe, je suis dans ma bulle…
  • des feedback clairs. Je suis dans ma bulle, mais je perçois mon environnement, je sens mon corps (et je suis OK avec les signes qu’il me renvoie).
  • des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement. Ma tête et Mon corps réagissent comme je le veux.
  • l’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (bien-être, plaisir, etc.).

Mais la question que se pose un coach est « Comment faire pour se (re) trouver dans cet état optimum ? ».

 

9 dimensions du flow

En se basant sur les travaux de Csikszentmihalyi, des études qualitatives ont été menées permettant de décrire le concept de flow dans le domaine sportif. Ainsi, neuf dimensions constitutives du flow ont été nommées.

  1. La « sensation d’un équilibre entre la demande de la tâche et les compétences personnelles » Cette notion d’équilibre entre niveau de difficulté et capacités personnelles apparaît comme centrale dans le concept de flow.
  2. La « Clarté des buts ». Avoir des buts clairs et précis permet de diminuer l’incertitude qui engendre du stress. Ces buts permettent également de fixer son attention sur les éléments pertinents de la performance et d’éviter ainsi toutes distractions.
  3. « L’union de l’action et de la conscience », une totale immersion dans l’activité.
  4. La « perception de la transformation du temps ». La situation peut être perçue comme se déroulant très lentement ou au contraire comme s’écoulant rapidement.
  5. La « perte de conscience de soi ».
  6. La « perception de feedback clairs et précis » qui permet d’avoir des informations sur son action, ce qui favorise une continuité dans l’accomplissement de ses objectifs.
  7. La « concentration sur la tâche ». La personne a besoin d’être entièrement concentré afin de pouvoir faire face aux événements. La concentration sur la tâche est totale en état de flow et aucune pensée extérieure ne vient la perturber.
  8. Le « sens du contrôle ». Cette dimension reflète la sensation de pouvoir réaliser n’importe quelle action et de la réussir quelle que soit la tournure des événements.
  9. « L’expérience autotélique ». Elle est décrite comme une expérience agréable et enrichissante qui survient lorsque l’organisme fonctionne au maximum de ses capacités. C’est une expérience auto satisfaisante.

 

Les conditions qu’il faut réunir à minima (Mais sans garantie absolue de succès… malheureusement)

Un défi réaliste

Pour cela, je vous renvoie à la définition de Peter F. Drucker (management par objectif en 1954) définissant le concept de SMART : Spécifique Mesurable Acceptable et Ambitieux Réaliste Temporel.

Des objectifs / règles / organisation précis et clairs

Il faut réduire le plus possible tout facteur d’incertitude, d’inconnu qui, pour la plupart d’entre nous, sont générateur de stress.

La sensation de faire face et de maîtriser la situation

En parallèle du point précédent, il faut lâcher prise sur le contrôle absolu. Il va nécessairement se passer des choses imprévues. Ce n’est pas grave, je les accepte (souvent l’échec commence là, par le refus) car j’ai confiance en mes talents, mes capacités pour y faire face.

Une concentration sans faille

Elle doit être totale. Si des facteurs externes, internes me font sortir de ma bulle, je dois activer mes parades pour y retourner le plus vite possible (dans mon précédent article sur le questionnaire OMSAT-4, ce sont les 2 critères Concentration / Reconcentration qui sont mesurés). Pour cela, des routines à base de PNL et/ou de Sophrologie sont extrêmement efficaces.

Quand le stade maximal est atteint, l’athlète devient totalement immergé dans ce qu’il fait (on parle d’union entre l’action et la conscience), il perd la notion du temps (on appelle ça l’élasticité du moment qui passe soit vite, soit lentement), il perd même la notion de son corps (et de ses douleurs).

Des feedbacks

Pour entrer dans cet état optimal et y rester, il faut que l’athlète reçoive des retours d’informations lui disant de continuer, de changer, de s’adapter tout en restant aligné sur l’objectif. C’est pour cela, que dans les sports ou le coaching durant l’épreuve est autorisé, il est fondamental de faire ces feedbacks. Et là, on touche à un autre aspect : le langage verbal et non verbal entre l’athlète et son coach. Dans les sports plus « solitaires », tous les moyens sont bons pour en donner (voir s’en donner : par exemple, le fait de se parler, ce fameux dialogue intérieur ; le fait de sourire comme le faisait systématiquement Chrissie Wellington sur ses marathons sur Ironman).

Un détachement par rapport à l’enjeu de la tâche à accomplir

Ce facteur est probablement le plus difficile à atteindre et à travailler. Comment arriver à dire et faire accepter à son athlète le fait que « cette épreuve des JO est certes Unique, mais qu’il faut s’en détacher pour mieux performer » ? N’ayant jamais coaché à ce niveau, je n’ai pas cette expérience. Mais ce que peux en dire à travers mon vécu :

  • les athlètes centrés sur la performance plutôt que le résultat y arrivent mieux.
  • il faut enlever de la tête de son athlète les projections « d’après match » alors que la partie n’a même pas démarré !! (Ne pas penser à « quelles seront les conséquences de mon éventuelle victoire ou de mon éventuelle défaite ? »).
  • il faut vivre le moment présent : « Etre Ici et Maintenant », « Quand je rentre dans l’arène, je suis acteur ».
  • les facteurs de motivation intrinsèque vs extrinsèque sont fondamentaux.

En conclusion de ce point, je dirais qu’il faut avoir l’ambition de la performance.

 

Domaines d’application

Le concept de flow est central dans la pratique sportive car il permet de comprendre les expériences positives vécues par les athlètes. Ainsi, cette compréhension est indispensable pour les coachs afin de les aider à s’approcher de cette Zone de manière volontaire et à des moments précis.

Cette approche est tout à fait similaire dans le monde de l’entreprise : Qui ne souhaite pas être en capacité à prendre des décisions, à régler un conflit, à réaliser un entretien identifié comme particulièrement difficile, à éclaircir une situation compliquée … en étant dans un état psychologique optimal ?

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Référence bibliographique

Ainsi, pour plus de références sur le flow, je recommande la lecture de cet article : « Demontrond Pascale, Gaudreau Patrick, « Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport », Staps, 2008/1 (n° 79), p. 9-21. DOI : 10.3917 / sta.079.0009. »

Je vous recommande aussi d’écouter cette conférence de Mihaly Csikszentmihalyi : « Le Flow, le secret du bonheur ».

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